La Fabrique
La Fabrique : culture indépendante

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La Fabrique : culture indépendante

Cet épisode de la Fabrique vous concerne. Il concerne tout ce que vous lisez, voyez sur vos écrans, ou entendez à la radio. Ce mois-ci, la Fabrique ouvre en grand le dossier de la culture et des médias !

écrit le

2/7/2026

5 minutes

par

Clémence Fernet

un événement culturel au Louvre

Ce matin, 7h, vous allumez la radio. Les actus défilent pendant que vous prenez votre douche. Avant de prendre le train pour le boulot, vous passez au kiosque, acheter votre journal papier, à l'ancienne.

Toute la journée, le flot continu des notifications fait vibrer votre téléphone : "Canicule, les 10 gestes pour se rafraîchir", "La dette publique de la France s'envole", "Trump en pleine négociation pour un nouvel accord avec l'Iran"...etc.

Début de soirée, vous filez au cinéma regarder le dernier blockbuster américain.

Et si on vous disait que tous les "médias" que vous avez écoutés, lus ou vus appartenaient à une seule et même personne ? Ça vous poserait problème ? Pourtant c'est la réalité.

Alors, la culture peut-elle encore être indépendante ? Pourquoi doit-on la préserver ? Comment diversifier ses sources de financement ? Les réponses se fabriquent (et se financent) ici 👇

Résumé

Un concentré de culture

Le secteur de la culture se concentre de plus en plus entre les mains de quelques uns. Et ce n'est pas une bonne nouvelle.

  • Entre quelques mains 💸: 9 milliardaires possèdent plus de 80% des médias en France. Et leur mainmise s'étend désormais à toute la chaîne de valeur culturelle : de la production à la diffusion, en passant par la distribution.

  • La culture à Wall Street ? 🏦 :  Les très grandes entreprises ne représentent que 0,1% du total des entreprises culturelles, mais génèrent plus de la moitié du chiffre d'affaires global du secteur.

  • Ciao la pluralité 👋 : Plus les médias se concentrent, moins le pluralisme existe. Le pluralisme, c'est exposer le public, quelqu'il soit, à différents courants d'expression et de pensée. Or, quand une seule personne possède plusieurs médias, la diversité des idées et des opinions devient plus contrainte.

Et ce n'est pas fini ! Malheureusement, la concentration de la culture et des médias, s'accompagne aussi d'une baisse de l'argent public.

Plus de milliardaires, moins d'argent public

Le secteur culturel peut de moins en moins compter sur l'argent public. Le budget national baisse, tout comme les aides aux associations. C'est tout un financement public qui s'érode !

  • La culture se serre la ceinture 🥋 :  En 2026, le budget de la mission Culture de l'État s'élève à 3,54 Md€. Il y a 10 ans, il était de 7,3 Md€. Des chiffres qui parlent d'eux mêmes !
  • Nos régions ont du talent (et moins de culture)📍: La moitié des collectivités territoriales ont réduit leur budget culture en 2025. À l'image de la région Pays de La Loire qui a coupé les deux tiers de l'enveloppe budgétaire dédiée à la culture.
  • La culture connaît la crise 😬: Le secteur est aussi fortement dépendant du contexte géo-politique. Avec l'inflation et la baisse du pouvoir d'achat, les activités culturelles sautent en premier. Et le secteur est particulièrement sensible au dérèglement climatique, comme le montre l'annulation du festival Solidays ce week-end en raison de la canicule.

Face à cela, de plus en plus de structures culturelles ne souhaitent plus dépendre d'acteurs externes et veulent défendre une ligne éditoriale choisie. C'est ce qu'on appelle la fameuse... culture indépendante !

C'est quoi la culture indépendante ?
Elle réunit les initiatives qui se donnent pour objectif prioritaire d’éviter l’intervention d’acteurs externes dans la production culturelle afin de maximiser le degré d’autonomie de la création.

De spectateur à investisseur

Pour un acteur culturel, être indépendant, ça n'est jamais acquis. Au contraire, cette indépendance se défend et se partage de plus en plus avec le public.

  • Plus on est de fous, plus on se cultive 😀 :  Le secteur culturel a été l'un des premiers à s'emparer du financement participatif. Il a permis de lancer des carrières et des projets culturels, avec l'explosion de plateformes comme KissKissBankBank et Ulule.
  • S'investir dans la culture ✊ : L'investissement ne sert pas qu'à financer des start-ups tech : il peut aussi soutenir la culture et les médias indépendants. La finance citoyenne s'impose ainsi comme un nouveau levier pour diversifier les sources de financement de ces secteurs.
  • Nouveaux récits, nouveaux imaginaires 📚: Donner aux citoyens un accès direct au financement de la culture, c'est aussi rendre plus visibles des récits choisis, écologiques, sociaux, progressistes et inclusifs, en contrepoint de récits dominants plus conservateurs.

Le marché de la culture 🔎

✔️ Près de 150 000 entreprises interviennent dans les secteurs culturels marchands, soit 6,2% des entreprises françaises. En 2018, la France comptait environ 289 000 associations culturelles, soit 23 % de l'ensemble des associations.

✔️ En 2023, les activités culturelles (audiovisuel, spectacle vivant, livre, presse, agences de publicité, architecture, arts visuels, patrimoine) ont réalisé une production totale de 108,8 milliards d’euros.

✔️ En 2023, les ménages ont consacré 21,2 milliards d'euros à leurs dépenses de consommation finale en biens et services culturels (livre, presse, audiovisuel, sorties culturelles)

La finance citoyenne n'a pas vocation à venir remplacer ni les subventions, ni les capacités d'investissement des grands groupes. Ce qu'elle peut, c'est permettre à de nombreux acteurs culturels d’exister sans dépendre totalement d’un actionnaire ou d’un arbitrage budgétaire. Et si vous passiez de spectateur à investisseur ?

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Illustration stylisé de la Fabrique de Lita

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