Melting Spot développe des habitats partagés solidaires pour des jeunes en situation de vulnérabilité, avec une conviction forte : le logement peut être un levier d’égalité des chances. À travers des maisons en centre-ville, mêlant mixité sociale, stabilité résidentielle et accompagnement humain, le projet conjugue impact social, rénovation urbaine et modèle économique durable.
Résumé
Rencontre avec Marie Alméras, cofondatrice de Melting Spot, qui revient sur la mission du projet : développer des habitats partagés solidaires pour des jeunes en situation de vulnérabilité. Entre mixité sociale, logement durable, rénovation urbaine et impact concret sur les parcours de vie, Melting Spot défend un modèle immobilier à la fois utile, humain et économiquement structuré.
Pouvez-vous présenter Melting Spot et sa mission ?
Melting Spot est à la fois une foncière et un opérateur qui développe des habitats partagés solidaires pour des jeunes en situation de vulnérabilité. Concrètement, nous proposons des maisons de 6 à 14 chambres, situées en centre-ville, à moins de 5 minutes à pied des transports, avec des loyers 20 à 30% inférieurs au marché.
Nous développons deux types de lieux : des maisons mixtes, réunissant jeunes Français et jeunes réfugiés, et des maisons réservées aux femmes, notamment pour celles ayant vécu des situations de violence.
Notre mission est simple : contribuer à l’égalité des chances et réduire la fracture sociale, en permettant à chacun d’accéder à un logement stable et à un environnement propice à la construction de son projet de vie.
Pourquoi avoir choisi le modèle de l’habitat partagé ?
D’abord, il ne s’agit pas d’hébergement temporaire : nos résidents signent un bail, ce qui leur garantit un logement durable. Pour beaucoup, notamment les personnes réfugiées, c’est la première fois qu’ils accèdent à un véritable “chez-soi”.
Ensuite, nous croyons fortement à la mixité sociale et à la richesse des interactions. Entre 20 et 35 ans, vivre ensemble permet de créer de l’entraide, du lien et des opportunités.
Enfin, chaque résident dispose de son espace privé (chambre et salle de bain), tout en bénéficiant d’espaces communs favorisant les échanges.
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Comment naît concrètement une maison Melting Spot ?
Tout commence par l’identification de biens à fort potentiel, souvent vétustes, nécessitant une rénovation importante. Nous réalisons ensuite des études techniques et financières pour valider la viabilité du projet.
Après acquisition, les travaux durent généralement entre 4 et 12 mois. Nous anticipons ensuite l’ameublement et produisons des supports de communication (visites virtuelles, photos) avant même l’arrivée des locataires.
Le recrutement se fait à la fois via des partenaires associatifs (comme la Croix-Rouge ou le Groupe SOS) et via des plateformes classiques. Chaque candidat passe un entretien pour évaluer son projet et son état d’esprit.
Enfin, à l’arrivée, les colocataires co-construisent une charte de vie commune, qui structure la vie collective.

Comment assurez-vous le bon fonctionnement des maisons au quotidien ?
Nous identifions dans chaque maison un locataire référent. Il joue un rôle central : accueillir les nouveaux, faciliter la vie collective et gérer les petits conflits.
Ce rôle est indemnisé via une réduction de loyer, ce qui permet aussi à certaines personnes d’accéder plus facilement au logement. Et il est totalement dissocié du bail : chacun peut y mettre fin librement.
Comment fonctionne votre modèle financier ?
Melting Spot repose sur deux structures :
- Une foncière, qui lève des fonds, acquiert les biens et les détient
- Une société d’exploitation, qui développe et gère les projets
Les opérations sont financées à environ 60% en fonds propres et 40% en dette bancaire. La foncière loue ensuite les biens à l’exploitant via des baux longs, générant des revenus réguliers.
Nous visons une croissance d’environ 5% par an de la valeur de l’action, reposant sur trois leviers : la création de valeur à l’acquisition, le remboursement de la dette via les loyers, et la valorisation du marché immobilier.
Comment conciliez-vous rendement et impact social ? Proposer des loyers modérés est-il compatible avec la rentabilité ?
Oui, grâce à une gestion optimisée et un taux d’occupation élevé. Nous préférons des loyers accessibles avec peu de vacance plutôt que des loyers élevés avec des logements vides.
Surtout, nous faisons un choix assumé : ne pas viser des rendements maximaux, mais un équilibre durable autour de 5%, compatible avec notre mission sociale.
Le modèle repose aussi sur des actifs tangibles, l’immobilier en centre-ville, qui offrent une sécurité structurelle aux investisseurs.
Pourquoi lever des fonds via Lita ?
Lita nous permet d’aligner notre actionnariat avec nos valeurs. Nous voulons un projet porté par une diversité d’investisseurs, à l’image des profils que nous accueillons dans nos maisons.
Grâce à Lita, des particuliers peuvent investir à partir de quelques centaines d’euros. Sans cette plateforme, nous serions limités à des investisseurs institutionnels.
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Vous avez pris vos distances avec le terme “co-living”, pourquoi ce choix ?
Le terme “co-living” est aujourd’hui associé à des dérives que nous ne partageons pas : loyers élevés et cadres juridiques peu protecteurs.
Chez Melting Spot, les locataires signent des baux classiques (loi 1989), bien plus sécurisants. Pour éviter toute confusion, nous avons fait évoluer notre communication. Depuis, cela n’a posé aucune difficulté, y compris avec les collectivités.
Avez-vous un exemple concret de transformation vécue par un résident ?
Oui, l’histoire de Sarah, réfugiée du Niger. Après un parcours très difficile, elle a été hébergée temporairement avant d’intégrer une maison Melting Spot.
Passionnée de cuisine, elle s’est révélée au sein de la colocation, puis a décidé d’en faire son métier. Aujourd’hui, elle termine un stage chez une cheffe étoilée et s’apprête à intégrer sa brigade.
Ce qu’elle raconte est très fort : le logement lui a apporté une sécurité matérielle et psychologique qui lui a permis de se projeter à nouveau.
C’est aussi le fruit d’un travail collectif entre associations, investisseurs et accompagnateurs. Une démonstration concrète que la collaboration peut créer de véritables trajectoires de vie.
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Ce modèle répond aussi à une logique économique et environnementale : nous réhabilitons de grandes maisons en centre-ville, souvent difficiles à exploiter autrement, plutôt que de construire en périphérie.

Investissez dans Melting Spot, la foncière dédiée à des habitats partagés solidaires notamment pour femmes victimes de violences







